Infernale Momus

Le concert de l’année lors de la fête de la musique devant le Zorba de Belleville

Le 21 Juin a toujours été pour moi, plus que la fête de la musique, en réalité, LA fête nationale. Déjà en nous faisant profiter du jour le plus long sous des températures agréables, puis en nous faisant profiter, en se mélangeant, des rues, des parcs et des places françaises. Un ami m’a dit que cette année, il a pu discuter pour la première fois avec sa voisine réac’ ultra-rigide en admirant un chœur de femmes arméniennes. Tout le parc de la Villette était, le 22 juin, jonché de détritus comme il l’était le 13 juillet 1998. La France devient enfin le pays méditerranéen qu’il pourrait être, un pays où les gens sortent, occupent l’espace public, écoutent de la musique live et éteignent leur télé !

C’est bien sûr aussi la date où tous les groupes ont donné leur premier concert, hé oui, c’est le moment, on est tolérants en France le 21 Juin, on est prêts à voir un karaoké chinois, danser follement au rythme d’une batucada à 120 dB. Et donc forcément, on passe souvent la nuit à se balader de rues en rues, de groupes en groupes, en croisant des amis, en offrant des bières et en mangeant des sandwichs merguez artisanaux (le seul jour de l’année où la police laisse les gens faire la fête dehors et les lascars griller leurs saucisses).

Mais si vous étiez à Paris, dans la rue du faubourg du temple, devant le Zorba de Belleville cette année, la fête était différente. Ce n’était pas des amateurs sur ce trottoir, c’était Infernale Momus, le groupe qui devrait enflammer tous les festivals de l’été, mais qui était pour un soir, grâce à l’armada kabyle du Zorba, ici sous nos yeux.

Infernale Momus c’est : un batteur débordant d’énergie, qui fait arrêter tous les passants de la rue pour les faire danser sur des rythmiques diaboliques. Et c’est aussi, deux saxophonistes, qui jouent du baryton mais passent aussi à l’alto ou au ténor. Les saxos sont branchés sur des amplis qui donnent l’impression que d’un seul saxo sort le son : d’une basse de rock saturée, d’un synthé d’électro enragé et bien sûr d’un sax de jazz virtuose. Avec seulement trois musiciens on a donc l’impression d’écouter une énorme fanfare disco-funk. On retiendra aussi quelques moments où Morgane lâche son saxophone pour s’amuser sur son mini-synthé et sur une clave qui fait bouger notre boule au milieu d’un bal africain.

Après un set d’une heure, les musiciens ont vainement essayé d’arrêter de jouer, mais le public les en a empêchés avec des hurlements de désespoir et des barrages physiques pour les faire rester. Il y ainsi eu 5 ou 6 rappels qui ont prolongé le set d’une deuxième heure. Les saxophonistes étaient sur le point de perdre leurs lèvres mais grâce à la fièvre des danseurs d’un public survolté, ils en firent fi.

Dans une époque où la France nous fait honte, ce soir-là elle nous a rendu fiers, dans la rue on pouvait entendre des « Amazing ! » ; « It’s mental ! » ; « I love Paris » ; « No, I don’t wanna eat now, I can’t leave this show » … Même si je ne pense pas qu’un enregistrement puisse retranscrire un tel concert, je vous donne quand même leur bandcamp : https://infernalemomus.bandcamp.com/

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